Financiarisation de l’économie

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Financiarisation de l’économie

Suite de l’article 10 ans après

Dans une première partie nous sommes revenus brièvement sur les origines du capitalisme et en particulier sur ses objectifs initiaux comme un moyen d’assurer la justice et la paix pour tous en s’inscrivant dans une visée utopique sociale. Avec le temps, à partir du XIXe siècle, le libéralisme économique s’est transformé en idéologie dominante.

Ce phénomène commence au tournant de la deuxième moitié du XXème siècle et représente la montée en puissance de la finance dans l’économie. D’une part, sont apparus aux Etats-Unis, après la seconde Guerre Mondiale, les premiers Fonds de Pension qui collectaient l’épargne des salariés de l’industrie pour leur verser ensuite des retraites

D’autre part, ces grands « investisseurs institutionnels » se sont retrouvés avec des masses financières hors normes à placer pour les faire fructifier en vue d’un versement de futures retraites à leurs cotisants. Ces grands fonds de pension américains, européens, australiens, canadiens… sont devenus ainsi des intervenants majeurs sur les marchés financiers. Puis, les entreprises se sont progressivement détournées du système bancaire classique et réorientées vers les marchés financiers pour financer leur développement économique. Elles l’ont fait par le biais d’émissions d’actions et obligations cotées en bourse.

Enfin, il y a depuis les années 80 un mouvement continu et généralisé de dérégulation. Margaret Thatcher, Ronald Reagan en ont été les meneurs et ce mouvement qui s’est répandu dans d’autres pays. C’est l’avènement du néolibéralisme, qui repose sur la croyance que le marché va tout réguler et qu’il faut donc le libérer de toute entrave pour qu’il puisse s’épanouir pleinement. Voici les conséquences :

  • Un développement d’acteurs financiers beaucoup moins régulés ou encadrés que les banques, lesquelles sollicitent l’épargne des particuliers pour opérer sur les marchés. Les fonds de pension, les hedge funds qui sont des fonds très peu régulés et peuvent de fait opérer en « électrons libres ».
  • Un accroissement des opérations avec « effet de levier » dans lesquelles une mise de fonds minimaux et un endettement démesuré permettent d’accroître de façon spectaculaire les gains ou les pertes sur les marchés.
  • Une sophistication de la finance et une abstraction de plus en plus grande liées à l’apparition d’outils financiers de plus en plus complexes (les produits dérivés) complétés du mécanisme de la titrisation, qui permet de vendre les dettes liées à toutes sortes d’emprunts (prêts à la consommation, prêts étudiants, crédits auto etc.) sur le marché. Les banques peuvent ainsi prêter de l’argent sans mobiliser leur capital en contrepartie et sans porter le risque de crédit dans leurs comptes.

Ces quelques points non exhaustifs se veulent simplement une démonstration des dérives de la finance moderne. Dans une troisième partie nous reviendrons sur les excès de cette financiarisation.